20 mai 2010

Faudrait-il tricher parce qu’on est centre d’examen ?

 

Accueillir un examen national dans les locaux d’établissements privés sous contrat constitue-t-il une atteinte à la liberté de conscience des candidats ?

 

Les établissements catholiques n’ont pas d’aspiration particulière à organiser les épreuves du bac. Ils assurent loyalement la part de service public qui leur est confiée, dans la logique du contrat d’association, même si cela en dépasse les termes et s’il leur en coûte.

 

Comme chaque année, les lycées catholiques de Paris qui ont été requis pour le bac 2010 réserveront le meilleur accueil aux candidats, surveillants et examinateurs, dans le respect de leurs opinions et de leur liberté de conscience. Ce faisant, ils resteront des établissements scolaires catholiques, avec une histoire, une communauté éducative, un projet. Le nom de ces établissements ou un signe discret dans les salles le rappelle parfois, sans ostentation ; leur dénier ce caractère n’y changerait rien. Qui serait-il trompé au petit jeu du déguisement ?

 

La crispation de quelques-uns autour des signes religieux devrait interpeller les éducateurs. Un candidat au bac est capable de l’abstraction nécessaire pour comprendre comment un signe renvoie à une réalité plus large qu’il signifie. Vise-t-on ce que nous sommes en voulant en faire disparaître les signes qui n’ont rien d’attentatoire ?

 

La laïcité garantit au contraire neutralité de l’État, liberté de conscience et pluralisme. Au fondement de l’éducation, il y a l’apprentissage qui permet de se reconnaître différents et de se respecter, dans la réciprocité.

 

J.-François CANTENEUR

Adjoint au directeur diocésain de l'Enseignement catholique de Paris