26 avril 2011

Pass Contraception : Que veut-on mettre dans les mains des lycéens d'Île-de-France ?

 

La Région Île-de-France met aujourd'hui des « Pass Contraception » à la disposition des lycéens. Les effectifs des lycées privés sous contrat ont été inclus dans cette opération, sans que le dispositif ne soit davantage organisé : les établissements scolaires privés ne disposent pas systématiquement de service de santé et n'ont pas « d'infirmière scolaire » au sens des postes existant dans l'enseignement public.

 

Le choix de la Région de proposer un Pass Contraception ne répond pas à la demande de l'Enseignement catholique, qui n'a pas été associé à cette décision. Celle-ci semble motivée par la volonté de diminuer le nombre d'IVG chez les jeunes et de favoriser leur accès aux droits. En matière de prévention, « Les chefs d’établissement catholique savent les responsabilités qui leur incombent mais l’Enseignement catholique ne peut désolidariser la prévention de la visée éducative qui est la sienne. »*. L'éducation affective, relationnelle et sexuelle ne peut pas se réduire à des mesures de prophylaxie mais doit « prendre en compte de la pluralité des dimensions de l’être humain, l’éducation au discernement, la construction de l’image de soi en lien avec sa relation aux autres, la formation d’attitudes de responsabilité individuelle et collective. »*

 

 

« L’éducation affective, relationnelle et sexuelle comporte donc une dimension éthique puisque s’y trouvent engagées la dignité de son propre corps, la dignité du corps de l’autre et la dignité de toute personne humaine. »* Le sens des paroles prononcées ou des gestes posés à l'encontre des jeunes doit faire l'objet de toute notre attention. Dans tous les cas, la diffusion de ces Pass Contraception aux élèves ne peut avoir aucun caractère obligatoire. En la matière, les établissements scolaires catholiques de Paris continueront à privilégier une politique d'éducation ouverte sur le sens de la vie, de la liberté et de la responsabilité.

26 avril 2011

* Texte national : l'Éducation affective, relationnelle et sexuelle dans les établissements catholiques

 




– La Région Île-de-France a décidé de mettre en place un « pass contraception » dans les lycées avec le soutien du ministre de l’Éducation nationale. Qu’en pensez-vous ?

Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris – L’objectif affiché de cette démarche est de faire baisser le nombre d’avortements d’adolescentes. Cependant, c’est une erreur – hélas largement répandue – d’estimer que l’augmentation de la pratique contraceptive va dans ce sens. C’est même exactement l’inverse ! Les derniers chiffres publiés montrent qu’il n’y a pas plus d’adolescentes enceintes qu’il y a dix ans, mais que le nombre des avortements augmente pourtant. La question n’est donc pas de savoir si on peut éviter les grossesses, mais de s’interroger sur le type d’éducation affective que l’on donne. Cette décision est le symptôme manifeste de l’échec de la pédagogie mise en œuvre dans les établissements scolaires depuis quinze à vingt ans. Si l’éducation affective et sexuelle ne s’était pas faite dans un simple esprit de protection prophylactique, faisant de la relation sexuelle un geste sans signification et dangereux pour lequel il faut se protéger, nous n’en serions pas là !

– Quelle alternative proposer ?

– Si on veut éviter une aggravation de la situation, il faut aider les familles et les établissements à comprendre que le seul moyen d’aider les jeunes dans ce domaine est de leur faire prendre conscience de la pleine dimension de la vie affective et sexuelle et de la responsabilité personnelle qu’elle comporte. Or, tout ce qui est actuellement mis en œuvre s’inscrit dans une logique qui écarte la notion de responsabilité et banalise des relations sexuelles en les situant hors d’un contenu affectif très précis et de tout lien fort entre les personnes. Des « accidents » en résultent, ce qui est très prévisible.

En outre, l’une des difficultés que pose ce « pass contraception » est qu’il exclut de fait les familles des élèves, ainsi que les chefs d’établissement, puisque la circulaire du ministre s’adresse directement aux infirmières et aux médecins scolaires.

– Dès lors, comment les parents peuvent-ils réagir ?

– D’abord en faisant leur travail, c’est-à-dire en accompagnant les adolescents dans leur apprentissage d’une vie affective et sexuelle équilibrée et responsabilisée. Cela implique d’aller à l’encontre d’une dérive largement actée dans les établissements scolaires, qui fantasment sur les risques de la sexualité sans donner aux jeunes les moyens de l’assumer pour ce qu’elle est.

– Vous l’avez-dit, les chefs d’établissements sont aussi écartés du processus. Cela veut-il dire que des pass contraception vont être distribués dans les établissements catholiques ?

– Non, pas nécessairement. Les chefs d’établissements catholiques sont tout à fait habilités à refuser. La direction diocésaine de l’enseignement catholique s’est d’ailleurs exprimée en ce sens.